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La ruée vers l’or (1925)
L’intrigue : À la fin du XIXe siècle, dans le Klondike, au Canada, des milliers de chercheurs d’or explorent les rivières et les montagnes enneigées à la recherche de la fortune. Au cours d’une tempête, un petit prospecteur solitaire trouve refuge dans la cabane d’un dangereux repris de justice, qui menace de le tuer.
Réalisateur : Charles Chaplin
Scénario : Charles Chaplin
Date de sortie : 26 juin 1925
Genre : comédie dramatique
Pays : États-Unis
Durée : Environ 1h15
Distribution : Charles Chaplin (le petit prospecteur), Mack Swain (Big Jim), Tom Murray, Henry Bergman
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Considéré comme l’un des films les plus parfaits de son auteur par de nombreux spécialistes, La Ruée vers l’or était aussi l’un des films favoris de Charles Chaplin, qui ne cessa, tout au long de sa vie, de chercher à l’améliorer, en proposant au public l’ajout d’une musique (absente de la version originale), un nouveau montage plus dynamique et une voix-off, en remplacement des cartons désuets de l’époque du cinéma muet. Comme la plupart des œuvres du cinéaste, cette aventure dans les neiges du Klondike canadien, près de la frontière avec l’Alaska, est un subtil mélange de la tragédie quotidienne des hommes pauvres et des situations burlesques qui en découlent. Chaplin s’inspira d’ailleurs de drames authentiques pour écrire son scénario : les photographies saisissantes de milliers de chercheurs d’or lancés à l’assaut du col Chilkoot, dont certains ne revinrent jamais, et l’histoire d’un groupe prisonnier d’une tempête de neige, dont les membres furent contraints de manger leurs chaussures pour survivre.
Chaplin, qui était déjà une immense vedette internationale, imposa à ses techniciens la reconstitution fidèle de l’ascension primitive des chercheurs d’or, avec plus de 600 figurants, au milieu des imposants décors naturels de la Sierra Nevada. Toutefois, les techniques de l’époque ne permettaient pas de réaliser un tel projet en extérieur : tous les autres décors furent donc construits dans les studios Chaplin, à Hollywood, avec un souci constant du détail, rendant parfois impossible la distinction entre le vrai et le faux, entre les maquettes et les décors en taille réelle. Perfectionniste à l’extrême et bénéficiant d’une liberté absolue quant à la production de ses films, tracassé par les tourments de sa vie privée (qui se confondait souvent avec son travail), Chaplin étira le tournage sur plus d’un an et demi.
La Ruée vers l’or fut un succès public et critique immédiat, dans le monde entier, et confirma un peu plus encore le statut particulier de Charles Chaplin, tout à la fois pionnier de son art, créateur de génie et première grande star de l’écran, adulé par les foules sur tous les continents. Un siècle après sa sortie, le film a été restauré en haute définition et projeté en première mondiale au Festival de Cannes, en présence de la famille Chaplin, avant une ressortie planétaire. Source d’influence pour de nombreux cinéastes, La Ruée vers l’or regorge de séquences légendaires (le repas de chaussures, la chasse au poulet, la cabane en équilibre, la danse des petits pains), est régulièrement classé parmi les plus grands films de tous les temps et unanimement considéré comme un chef d’œuvre du cinéma.
Julien Morvan
Nov. 2025
Séance
Mercredi 3 décembre 2025 | 10:00
Niveau 6e
Cinéma Confluences Varennes-sur-Seine



