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Oliver Twist (1948)
L’intrigue : Au XIXe siècle, en Angleterre, le jeune Oliver Twist, orphelin de naissance, est confronté à la misère et aux difficultés de la vie des plus démunis. Seul dans Londres, il tombe sous la coupe d’un malfrat qui force les enfants pauvres à voler les bourgeois.
Réalisateur : David Lean
Scénario : David Lean, Stanley Haynes
Date de sortie : 28 juin 1948
Genre : drame
Pays : Royaume-Uni
Durée : Environ 1h50
Distribution : Alec Guinness (Fagin), John Howard Davies (Oliver Twist), Robert Newton (Bill Sikes), Francis Sullivan (Bumble)
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Classique universel de la littérature britannique, Oliver Twist (1837) est, avec David Copperfield (1849) et Les grandes espérances (1860), le roman le plus célèbre de Charles Dickens. Plusieurs fois adapté au théâtre, à la télévision, sous forme de comédie musicale ou en bande-dessinée, il est aussi une source inépuisable d’inspiration pour les cinéastes, qui s’emparent de la figure du jeune orphelin dès l’époque du muet, avec une célèbre interprétation de Jackie Coogan (le héros du Kid, de Charles Chaplin), puis dans des mises en scène prestigieuses signées par les plus grands noms du cinéma, de Carol Reed à Roman Polanski, en passant par l’adaptation des studios Disney (Oliver et Compagnie, 1988).
L’adaptation de David Lean en 1948 est souvent considérée comme la plus fidèle au roman et la plus réaliste en matière de reconstitution des bas-fonds de la capitale britannique au milieu du XIXe siècle. Tournant en noir et blanc (alors qu’il a déjà expérimenté la couleur), le cinéaste ouvre son film par une séquence de tempête, très onirique, à la limite du gothique, pour montrer le calvaire d’une fille-mère prête à mettre au monde un petit garçon qu’elle ne verra pas grandir. Tout le film est contenu dans cette douloureuse séquence, le réalisateur s’employant à filmer tout à la fois le réalisme miséreux du roman de Dickens et des clairs-obscurs expressionnistes, proches du cinéma d’épouvante à la Nosferatu (Murnau, 1922).
Près de deux siècles après sa naissance, la figure d’Oliver Twist reste une incontournable référence dans les multiples représentations de l’enfance brisée par la corruption et la violence du monde des adultes. Si l’issue de cette épopée dans la fange de l’Angleterre victorienne est heureuse, elle rappelle combien grandir peut être, pour certains, une véritable épreuve de force. Chacun se reconnaîtra dans ce personnage innocent, dont les malheurs invitent à l’empathie et la compassion.
Julien Morvan
Sept. 2025

